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Colère dans le Gers : 6 000 personnes marchent pour Lyhanna, 11 ans

Une vague d’émotion a déferlé sur le département du Gers ce samedi 7 juin. Des milliers de personnes se sont rassemblées pour témoigner leur soutien à une famille endeuillée et exprimer leur colère face à un drame qui soulève de graves questions sur les dysfonctionnements du système judiciaire.

Une mobilisation massive à Fleurance

Pas moins de 6 000 participants ont convergé vers la base de loisirs de Fleurance pour participer à une marche blanche organisée par le maire de la commune, Grégory Bobbato. L’événement visait à honorer la mémoire de Lyhanna, fillette de 11 ans enlevée puis retrouvée décédée.

Vêtus de blanc et tenant des fleurs de la même couleur, les marcheurs ont formé un cortège silencieux et recueilli. L’atmosphère était empreinte d’une profonde tristesse, mêlée à une détermination collective.

La famille au cœur de l’hommage

Les parents de la jeune victime ainsi que son frère ont ouvert la procession, portant une banderole éloquente : « Plus jamais ça ! On t’aime. Tu nous manques ». Un message sobre mais puissant, résumant à la fois le chagrin et la revendication d’une meilleure protection des enfants.

La tante de Lyhanna a pris la parole pour lire un texte rédigé par la mère. Ce message exprimait des remerciements pour le soutien reçu depuis le 29 mai, jour du drame, ainsi qu’une reconnaissance envers la municipalité. Des mots personnels adressés à la fillette ont également été prononcés, témoignant d’une douleur insurmontable.

Un dispositif de sécurité important

Pour encadrer cette manifestation d’ampleur, 150 gendarmes ont été déployés sur place. Le maire avait par ailleurs pris la décision de limiter l’accès aux élus : seuls les maires locaux étaient autorisés à participer, excluant les représentants nationaux.

Cette volonté de préserver l’intimité de l’événement reflétait le souhait de maintenir l’hommage dans une dimension locale et authentique, loin des récupérations politiques.

La colère s’affiche à Montestruc-sur-Gers

Dans le village voisin de Montestruc-sur-Gers, l’indignation s’est également exprimée d’une manière radicale. Le panneau d’entrée de la localité a été recouvert d’un drap portant l’inscription « PDM pour les pédos », traduisant l’exaspération des habitants.

Un suspect déjà signalé à la justice

Jérôme Barella, mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineur dans cette affaire, cristallise la fureur publique. Avant cet événement tragique, quatre plaintes pour viols sur mineurs avaient déjà été déposées contre lui.

Ces signalements n’avaient visiblement pas abouti à des mesures suffisantes pour prévenir le drame. Cette série de défaillances dans le traitement des alertes soulève des interrogations majeures sur le fonctionnement de la chaîne judiciaire.

Des réactions politiques au plus haut niveau

L’affaire a provoqué une onde de choc jusque dans les plus hautes sphères de l’État. Emmanuel Macron a publiquement dénoncé un « dysfonctionnement (…) inacceptable », marquant la gravité de la situation.

De son côté, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a exprimé sa « fureur » et présenté « ses excuses au nom de la Justice ». Une reconnaissance rare de la part d’un membre du gouvernement, témoignant de l’ampleur du scandale.

Des inspections en cours

Pour faire la lumière sur cette succession de manquements, des inspections ont été lancées. Leur objectif : établir précisément les responsabilités dans le traitement des signalements et identifier les failles qui ont permis le passage à l’acte.

Ces enquêtes administratives s’ajoutent à l’instruction judiciaire en cours, dans l’espoir d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

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